On entend fréquemment que pour « pour gagner de l’argent, il faut en dépenser  ». C’est un dicton assez vrai dans le cadre d’une reprise d’entreprise.

En complément du prix d’achat de l’entreprise acquise (ou du fonds de commerce), il y a un certain nombre de dépenses qu’il faut prendre en compte pour concevoir d’un plan de financement solide.

Reprise d'entreprise

Photo par Sharon McCutcheon

Nous commençons en premier lieu par les frais exceptionnels liés à la reprise en elle-même :

  • Les droits d’enregistrements (c’est un impôt calculé sur le prix de cession – % variant en fonction du montant de la transaction et de la forme de reprise) ;
  • Les honoraires de vos conseils : avocat, expert-comptable, auditeur… (forfait ou au temps passé) ;
  • Les honoraires de l’intermédiaire en charge de la transaction (le plus souvent c’est un % sur le prix de cession) ;
  • Les frais d’emprunt facturés par la banque (frais de dossier et frais de mise en place de la garantie) ;
  • Les frais de courtage lorsque vous faites appel à un courtier en financement professionnel (très recommandé – l’obtention rapide d’un financement est une vraie compétence. La commission du courtier sera à mettre en rapport le plus souvent avec l’obtention de meilleures conditions) ;
  • Les éventuels stages ou formations ;
  • Les éventuels frais annexes (immatriculation, frais de publication dans des journaux d’annonces légaux…)

Ce sont des frais que nous pourrons considérer comme « exceptionnels » car ils n’ont pas vocation à se reconduire dans le temps. Il faudra les positionner immédiatement ou dans les semaines qui suivent la reprise. L’intérêt de bien les identifier, est que pour la plupart, ils pourront être intégrés dans votre enveloppe de demande de financement.

Pour parfaire votre prévisionnel nous allons aussi intégrer les décaissements qui vont impacter temporairement les ressources de l’entreprise :

  • La TVA à décaisser sur les frais exceptionnels identifiés plus haut ;
  • L’éventuel dépôt de garantie ou les loyers d’avances prévus dans le bail ;
  • L’éventuel stock à constituer/reconstituer ;
  • Les investissements à prévoir immédiatement (machines, communication, réorganisation…)
  • Le fond de roulement : c’est-à-dire l’argent dont va avoir besoin l’entreprise pour payer ses charges d’exploitations (salaires et charges, loyers, fonctionnement…) avant d’encaisser l’argent de ses clients ;

Il conviendra alors de mettre en face de ses différentes sorties d’argent, les ressources dont va disposer la société :

  • votre apport personnel et celui d’éventuels partenaires (salariés clés, investisseurs, love money…) ;
  • l’emprunt bancaire de reprise ;
  • la trésorerie excédentaire présente dans l’entreprise pouvant être utilisée ;
  • les éventuelles subventions ou prêts d’honneurs (à considérer comme du bonus – mais intéressants à utiliser car ils peuvent venir augmenter votre apport personnel pour certains)
  • un éventuel crédit-vendeur.

Il est par ailleurs assez courant d’intégrer au prévisionnel un emprunt court terme (quelques mois) qui viendra participer à réduire le besoin en fond de roulement du lancement.

La clé de cet exercice est que votre prévisionnel de reprise doit montrer un équilibre entre les besoins et les ressources affectées au projet.

Article rédigé par Thomas Blanc pour MG Consulting.