Avant de lire : obtenez une fourchette de valorisation argumentée pour votre entreprise, sous 72h.
Évaluer gratuitementEn 2026, racheter un trimestre de retraite coûte entre 1 055 € et 6 684 € selon votre âge, vos revenus et l’option retenue. Vous pouvez en racheter jusqu’à 12 au maximum sur l’ensemble de votre carrière. L’enjeu est rarement anecdotique : chaque trimestre manquant déclenche une décote définitive d’environ 1,25 % sur votre pension de base, à laquelle s’ajoute un abattement sur votre retraite complémentaire. Autrement dit, un trou de quelques trimestres peut représenter plusieurs dizaines d’euros de pension en moins chaque mois, à vie. Le rachat de trimestres, aussi appelé versement pour la retraite (VPLR), permet de combler ces trous — à condition de bien comprendre le mécanisme avant de signer un chèque de plusieurs milliers d’euros.
Ce guide vous explique le fonctionnement du dispositif, le barème 2026, les deux options de rachat, l’avantage fiscal, le calcul de rentabilité et les démarches concrètes auprès de votre caisse.
Qu’est-ce que le rachat de trimestres (VPLR) ?
Le rachat de trimestres est un dispositif qui vous autorise à verser volontairement des cotisations pour des périodes durant lesquelles vous n’avez pas, ou pas assez, cotisé. Son nom officiel est le versement pour la retraite (VPLR), parfois appelé « rachat Fillon ». Concrètement, vous pouvez racheter des trimestres pour atteindre le nombre de trimestres requis et améliorer votre future pension de retraite, en agissant sur le calcul du régime de base.
Pour partir à taux plein — c’est-à-dire au taux maximal de 50 % du régime général, sans minoration —, il faut justifier d’un nombre de trimestres qui dépend de votre année de naissance (172 trimestres, soit 43 ans, pour les personnes nées à partir de 1966). Si ce compte n’y est pas, une décote s’applique : il s’agit d’une minoration définitive du taux de votre pension, de l’ordre de 1,25 % par trimestre manquant. Le rachat sert précisément à réduire ou supprimer cette décote.
Le dispositif est ouvert aux assurés âgés de 20 à 67 ans qui n’ont pas encore liquidé leur retraite. Il concerne les salariés du privé, les fonctionnaires (pour les études), les travailleurs indépendants, les professionnels libéraux et les exploitants agricoles. Pour bien situer vos droits, il est utile de connaître la différence entre trimestres validés, cotisés, assimilés et équivalents, car seuls certains entrent dans le décompte du taux plein.
Quelles périodes pouvez-vous racheter ?
Le VPLR couvre principalement deux familles de périodes :
- Les années d’études supérieures validées par un diplôme (université, grande école, IEP, classe préparatoire suivie d’une admission). Pour les grandes écoles, l’admission est assimilée au diplôme.
- Les années incomplètes, c’est-à-dire les années civiles où vous avez validé moins de quatre trimestres : temps partiel, début ou fin de carrière, petits salaires, périodes peu rémunérées. Sur ce point, voir notre dossier sur les seuils de validation des trimestres pour les petits salaires.
D’autres périodes obéissent à des règles propres : périodes d’activité salariée à l’étranger, stages en entreprise, années d’apprentissage. Quelle que soit la nature des périodes, le total racheté ne peut dépasser 12 trimestres, tous régimes confondus.
Taux seul ou taux et durée d’assurance : deux options à ne pas confondre
Au moment de la demande, vous devez choisir entre deux options de rachat dont l’effet sur la pension est très différent. C’est la décision la plus structurante du dossier.
- Le rachat au titre du taux seul (option 1) agit uniquement sur le taux de liquidation : il réduit, voire annule, la décote. Votre durée d’assurance n’est pas modifiée. C’est l’option la moins chère, pertinente quand vous êtes proche du taux plein et qu’il s’agit surtout d’effacer une décote.
- Le rachat au titre du taux et de la durée d’assurance (option 2) agit sur le taux et augmente la durée d’assurance prise en compte. Il améliore donc davantage le montant de la pension, mais son coût est plus élevé, d’environ 50 %. Il s’adresse aux personnes auxquelles il manque plusieurs trimestres.
Un point souvent ignoré : les trimestres rachetés ne sont jamais retenus dans le calcul du salaire annuel moyen (la moyenne de vos 25 meilleures années) et, dans le cas général, ne permettent pas d’ouvrir un départ anticipé au titre de la carrière longue. Le rachat améliore le calcul de la pension, il ne crée pas un droit à partir plus tôt — sauf cas particulier des trimestres d’apprentissage 1972-2013, pris en compte pour la carrière longue depuis la réforme de 2023.
Combien coûte le rachat d’un trimestre en 2026 ?
Le coût du rachat dépend de trois paramètres : votre âge au moment de la demande, la moyenne de vos revenus des trois dernières années, et l’option choisie. La règle de fond : plus vous rachetez jeune et avec des revenus modestes, moins le trimestre est cher.
Cabinet M&A
Vendez votre entreprise au bon prix
Évaluation confidentielle et personnalisée. Recevez votre fourchette de valorisation argumentée sous 72h.
Évaluer mon entreprise →Valorisation estimée
Le barème est fixé par circulaire de la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse). Il est inchangé depuis 2013 ; seuls les seuils de revenus évoluent chaque année avec le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € en 2026. Trois tranches sont retenues : revenus inférieurs à 75 % du PASS (36 045 €), revenus compris entre 75 % et 100 % du PASS, revenus supérieurs au PASS.
Quelques repères concrets tirés du barème 2026 :
- À 40 ans, un trimestre au titre du taux seul coûte de 2 065 € à 2 753 € selon le revenu ; au titre du taux et de la durée d’assurance, de 3 060 € à 4 080 €.
- À 60 ans, comptez de 3 275 € à 4 367 € pour le taux seul, et de 4 854 € à 6 472 € pour le taux et la durée d’assurance.
Certains profils bénéficient de tarifs réduits, à condition de respecter des dates limites : les anciens étudiants peuvent racheter jusqu’à 4 trimestres d’études supérieures à tarif préférentiel s’ils en font la demande avant le 31 décembre de l’année de leurs 40 ans (abattement de 670 € par trimestre pour un salarié en option taux seul). Les stages en entreprise se rachètent à un forfait de 481 € par trimestre (maximum 2), avant le 31 décembre de l’année des 30 ans. Les périodes d’apprentissage de 1972 à 2013 se rachètent autour de 1 610 € le trimestre.
Un rachat déductible de votre revenu imposable
L’autre intérêt du rachat tient à sa fiscalité. Les sommes versées sont, dans le cas général, intégralement déductibles de votre revenu imposable de l’année du versement. Mécaniquement, plus votre tranche marginale d’imposition (TMI, le taux qui s’applique à la dernière part de vos revenus) est élevée, plus le « coût réel » du rachat diminue.
Pour un rachat de 4 000 €, l’économie d’impôt s’établit autour de 440 € à une TMI de 11 %, de 1 200 € à 30 %, et de 1 640 € à 41 % — ramenant le coût net respectivement à 3 560 €, 2 800 € et 2 360 €. Cette mécanique explique pourquoi le rachat est fréquemment réalisé en fin de carrière, lorsque les revenus, et donc la TMI, sont au plus haut. Ces ordres de grandeur sont indicatifs : l’effet réel dépend de votre situation et le sujet mérite d’être validé avec votre caisse ou un conseiller, ce guide ne tenant pas lieu de conseil fiscal personnalisé. Si une partie de votre épargne retraite passe par la complémentaire, vous pouvez aussi lire nos pistes pour optimiser votre retraite complémentaire.
Le rachat est-il rentable ? Le calcul du point mort
Racheter n’a de sens que si l’opération est récupérée de votre vivant. La bonne question n’est pas « combien ça coûte » mais « en combien de temps je rentre dans mes frais ». On appelle cela le point mort : il se calcule en divisant le coût net du rachat (après déduction fiscale) par le gain annuel obtenu sur la pension. En pratique, il se situe le plus souvent entre 7 et 13 ans après le départ en retraite.
Le rachat est d’autant plus rentable que vous êtes jeune au moment de l’opération, que votre TMI est élevée, qu’il vous manque peu de trimestres et que votre espérance de vie à la retraite est longue. À l’inverse, racheter 12 trimestres à faible TMI peut s’avérer disproportionné : dans ce cas, prolonger l’activité de quelques trimestres est parfois plus efficace.
Cas terrain. Nous avons accompagné un dirigeant de 60 ans, à la tête d’une société de services réalisant 1,2 M€ de chiffre d’affaires, qui préparait sa transmission. Son relevé faisait apparaître 5 trimestres manquants pour le taux plein, avec une décote à la clé. Revenus supérieurs au PASS, TMI à 41 %. Option taux seul retenue, suffisante pour effacer la décote : 5 × 4 367 € = 21 835 € de coût brut. Après déduction fiscale (environ 8 950 €), le coût net est ressorti autour de 12 900 €. Le gain de pension, décote supprimée et abattement de complémentaire évité, a été estimé à près de 175 € par mois. Point mort : un peu plus de 6 ans. Le dossier a été instruit en deux mois et le versement échelonné sur trois ans avant le départ. Ce dirigeant a ainsi pu arbitrer sereinement entre rachat et calendrier de cession — un arbitrage que tout chef d’entreprise approchant la retraite gagne à poser tôt, en parallèle de la réflexion sur la vente de son entreprise.
Vérifiez votre relevé de carrière AVANT de racheter
C’est le réflexe le plus rentable, et le plus souvent oublié. Avant de payer le moindre trimestre, contrôlez votre relevé de carrière (le relevé individuel de situation, ou RIS). Une part importante des relevés comporte des anomalies : périodes non transmises par un ancien employeur, service militaire absent, congé maternité oublié, chômage non reporté. Or ces trimestres « manquants » sont parfois récupérables gratuitement par simple régularisation.
Racheter un trimestre que vous aviez en réalité déjà cotisé revient à jeter 3 000 à 6 000 € par la fenêtre. Pour sécuriser cette étape, appuyez-vous sur nos guides pour récupérer et lire votre relevé de carrière, repérer les années manquantes et corriger les erreurs du relevé de carrière. Si certaines de ces périodes correspondent à du chômage, notre article sur l’impact du chômage sur la retraite complémentaire détaille ce qui est validé automatiquement.
⚠️ Les pièges les plus coûteux à éviter :
- Racheter avant d’avoir fait corriger un relevé erroné — vous payez pour des trimestres déjà acquis.
- Choisir l’option taux et durée d’assurance « par sécurité » alors que le taux seul suffisait à effacer la décote : surcoût inutile.
- Compter sur les trimestres rachetés pour partir en carrière longue : dans le cas général, ils n’ouvrent pas ce droit.
- Attendre la dernière minute : le tarif grimpe avec l’âge, et les tarifs réduits études (40 ans) et stages (30 ans) sont définitivement perdus passé la date.
Le conseil Matching Value — Ne raisonnez jamais « au trimestre » mais « au point mort net d’impôt ». Faites d’abord fiabiliser votre relevé, simulez ensuite le coût et le gain de pension pour chaque option, puis ne rachetez que les trimestres dont le retour sur investissement est atteint dans votre espérance de vie raisonnable. Mieux vaut racheter 3 trimestres utiles que 8 trimestres « pour être tranquille ».
Les démarches : de la simulation à la notification
La procédure est balisée. Commencez par une simulation de votre retraite et utilisez le simulateur de coût de l’Assurance Retraite pour comparer les deux options. Constituez ensuite votre dossier avec le formulaire Cerfa correspondant au type de rachat (études, années incomplètes, stages, apprentissage) et les justificatifs : pièce d’identité, diplômes, conventions de stage, relevé de carrière.
Adressez le dossier à votre caisse — la Carsat pour le régime général. Celle-ci dispose en principe de deux mois pour l’instruire ; l’absence de réponse vaut rejet. En cas d’accord, vous recevez une évaluation chiffrée indiquant le nombre de trimestres rachetables et le coût du rachat, puis une notification d’admission précisant les modalités de paiement (comptant ou échelonné, jusqu’à trois ans pour 8 trimestres, jusqu’à cinq ans pour 9 à 12 trimestres). La totalité doit être versée avant le départ en retraite. Si votre demande est refusée à tort, sachez qu’un recours est possible : voir notre article sur la contestation d’un refus de rachat de trimestres.
Faites le point avant de vous engager
Un rachat de trimestres bien calibré peut représenter un gain de pension confortable, viager et fiscalement avantageux. Mal calibré, il immobilise plusieurs milliers d’euros pour un retour incertain. La séquence gagnante est toujours la même : fiabiliser le relevé, chiffrer le point mort net d’impôt, ne racheter que l’utile. Pour aller plus loin et situer vos droits, parcourez l’ensemble de nos guides dédiés à la retraite.
FAQ — Rachat de trimestres de retraite
Combien coûte un rachat de trimestre en 2026 ?
De 1 055 € à 6 684 € par trimestre, selon votre âge, vos revenus des trois dernières années et l’option choisie. Le barème CNAV est inchangé depuis 2013, seuls les seuils de revenus évoluent avec le PASS (48 060 € en 2026). Les stages en entreprise font exception, à 481 € le trimestre.
Quelle différence entre le rachat au titre du taux seul et au titre du taux et de la durée d’assurance ?
Le rachat au titre du taux seul réduit ou supprime la décote sans toucher à la durée d’assurance ; il est moins cher. Le rachat au titre du taux et de la durée d’assurance fait la même chose et augmente en plus votre durée d’assurance, ce qui améliore davantage la pension, pour un coût supérieur d’environ 50 %.
Combien de trimestres peut-on racheter au maximum ?
12 trimestres au maximum sur l’ensemble de la carrière, au titre des années d’études supérieures et des années incomplètes, tous régimes confondus. Les stages en entreprise (2 trimestres à 481 €) s’ajoutent à ce contingent selon des règles propres.
Le rachat de trimestres est-il déductible des impôts ?
Dans le cas général, oui : les sommes versées sont déductibles de votre revenu imposable l’année du versement. L’économie dépend de votre tranche marginale d’imposition. En cas de paiement échelonné, la déduction s’étale sur les années de versement. Rapprochez-vous de votre caisse ou d’un conseiller pour votre situation précise.
Le rachat permet-il de partir en retraite anticipée pour carrière longue ?
Non, dans le cas général : les trimestres rachetés servent au calcul du taux et/ou de la durée d’assurance, mais n’ouvrent pas le droit à un départ anticipé pour carrière longue. Seule exception notable : les trimestres d’apprentissage de 1972 à 2013, pris en compte depuis la réforme de 2023.
Jusqu’à quel âge peut-on racheter ses années d’études à tarif réduit ?
Le tarif réduit pour les années d’études supérieures s’applique si la demande est déposée avant le 31 décembre de l’année de vos 40 ans (dans la limite de 4 trimestres). Pour les stages en entreprise, la limite est fixée à l’année des 30 ans.
Faut-il vérifier son relevé de carrière avant de racheter ?
Impérativement. De nombreux relevés comportent des anomalies, et certains trimestres « manquants » sont récupérables gratuitement par régularisation. Vérifier d’abord, racheter ensuite : c’est la seule façon de ne pas payer pour des droits déjà acquis.
Thomas Blanc est le fondateur de Matching Value, cabinet conseil en cession d'entreprise pour les dirigeants de PME et TPE. Basé à Lyon, il accompagne les opérations de transmission sur l'ensemble du territoire français.
Diplômé en finance (IAE Savoie Mont-Blanc), il a exercé pendant dix ans en cabinet d'expertise comptable et juridique avant de fonder Matching Value. Au cours de son parcours, il a accompagné plus de 400 dirigeants sur la gestion, la croissance et la transmission de leur entreprise, dans des secteurs aussi variés que l'industrie, les services B2B, le bâtiment, la santé et le commerce.
Son approche : croiser les méthodes financières reconnues (DCF, multiples sectoriels, approche patrimoniale) avec une analyse qualitative des facteurs qui font réellement varier le prix de cession — dépendance au dirigeant, qualité du portefeuille client, transmissibilité des contrats. L'objectif est de produire une valorisation défendable devant repreneurs, banquiers et conseils, pas un chiffre marketing.
Thomas Blanc intervient également comme formateur et auteur sur les sujets de valorisation et de transmission de PME. Il est joignable au 09 78 28 85 06 ou via son agenda de rendez-vous.
